La peur, c'est un peu ce qui m'assaille en ce moment.
Sentir ses doigts s'engourdir à la simple approche des touches, effrayé de ce qu'on a envie d'écrire, tétanisé par ce qu'on ressent...
La phobie du soi quelle putain de connerie vraiment...y’a un moyen efficace de s'en débarrasser définitivement?
Je pourrais commencer par vider mon sac, me délester de tous ces vilains démons qui me persécutent la nuit, bienheureux les salauds de ravigoter au passage les quelques mauvais souvenirs que je pensais inhumés assez profondément pour ne jamais avoir à en parler.
Je me rappelle encore des relents de pisse sèche qui émanaient du matelas sur lequel j’étais allongé, de la moisissure qui recouvrait la quasi-totalité du plafond, celui où je tentais désespérément de trouver un point de fuit, une forme drôle, existante, de celles qu’on essaie d’identifier lorsqu’on regarde les nuages. Je ne comprends pas, je ne veux pas comprendre d’ailleurs, j’essaie juste d’ignorer la scène, de me dire que c’est pas d’chance, que j’étais pas au bon endroit au bon moment...
Pourquoi suis-je allongé à côté de cet homme ce salaud qui me caresse l’entrejambe en me murmurant « C’est agréable non ? Tu sens le picotement dont je t’ai parlé ? »
Je commence à avoir très peur, une pensée m’assaille, où est ma mère ? Que fait-elle ? Le ton sévère qu’emploie habituellement ce salaud pourquoi ce radouci t'il?
-« Tu sais comment on fait l'amour a une fille ? »
-« Non. »
-« Tu veux que je te montre ? »
-« Non »
-« Je vais te montrer et ne crie pas sinon je tue ta mère »
-Je ne dit pas la suite c'est trop dure !!!
Je pensais pouvoir tout écrire, tout dire, mais j’ai déjà dépensé trop d’énergie ce soir pour pouvoir en rajouter.
Après ça j'ai pensé assez souvent à la mort, j’ai même franchi le pas une fois, pas qui aurait pu m’être fatal et qui me rappelle sans cesse que j’ai eu droit à une seconde chance.
Penser à la mort…ouais, ça m’est arrivé, pour réaliser que ce n'était pas du tout la solution, puisque c'était le manque de vie qui me faisait souffrir - alors me tuer, qué cono...
Bons ou mauvais, c'est auprès des vivants que je veux être. C’est tout ce qu’il faut retenir. Merci à vous tous pour ces bouffées d'oxygène, c'est peu mais c'est tellement en fin de compte.
jeudi 1 novembre 2007
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